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  Chroniques du Mont-Gargan  
 Un quartier à l'Est de Rouen - Par Dominique SAMSON 
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  Retournons à l'école de notre enfance  
   
Nos enfants viennent de rentrer pour une nouvelle année scolaire. Voir nos enfants franchirent le seuil de l'école Jules Ferry va sans doute réveiller de lointains et personnels souvenirs. Ils seront sans doute nostalgiques, car ils nous rappelleront que nous étions jeunes. Parfois aussi nous nous les remémorerons avec aversion, car les mauvais élèves avaient le redoutable privilège de porter le bonnet d'âne. La place des mauvais élèves pouvait être un coin de la salle de classe, en punition, debout pour être mieux visibles des autres enfants et ainsi servir d'avertissement pour ceux qui voudraient prendre la place. Mais une place finalement qui était privilégiée pour les mauvais élèves était celle près du poêle, surtout l'hiver, quand les enfants venaient de traverser tout le quartier à pied, sous un grand froid. Maintenant on vient en voiture, autres temps autres moeurs!. 

Gare aux bavards. Est-ce les filles qui causaient le plus? On recevait l'honneur de copier cent fois "Je ne dois pas causer en classe !". Et l'écriture devait être parfaite, avec de belles lettres arrondies, sans faute, sous risque d'avoir à recommencer. Et sans tache d'encre, car il faut rappeler que l'on écrivait alors avec une plume. Le stylo Bic n'existait pas encore!. Pour les bons élèves, les dates de l'histoire de France ne posaient pas de problèmes, même s’ils ne comprenaient pas le sens des évènements ou si nous devions accepter les doctes interprétations de l'instituteur, sans oser même penser les remettre en cause. Et si nous ne voyagions pas comme maintenant pendant les vacances, nous savions par coeur tous les noms des chefs-lieux des départements. Nous n'oublierons pas l'instruction civique, où nous apprenions à respecter les personnes et les choses. Cela nous amenait au Certificat d'Etudes Primaires, véritable institution où l'élève studieux pouvait prouver qu'il pouvait faire une rédaction sans faute, conjuguer sadiquement les verbes et faire une soustraction, sans prendre sa calculette. Tout cela nous armait pour prendre un bon départ dans la vie. 

A l'école Jules Ferry, le matin, on était gâté: un verre de lait et la célèbre huile de foie de morue. Ceux, hélas souvent nombreux, qui avaient des poux se retrouvaient les cheveux badigeonnés d'une poudre blanche. C'était alors la honte pour l'enfant vis-à-vis de sa classe, car on est déjà cruel à cet âge, mais aussi pour les parents. Et attention à ceux qui arrivaient avec les ongles sales. Inspection par le maître avant d'entrer en classe et direction le lavabo.

Souvenirs lointains, mais souvent forts, où l'école a été le début d'apprentissages qui se sont avérés très utiles, d'amitiés qui durent toute une vie. Et aussi, constitution d'une galerie de portraits où tout en haut figurent les solides images d'institutrices et instituteurs, passionnés par leur métier, non seulement respectés par les élèves, mais aussi par les parents, et qui ont servi pour beaucoup d'entre nous de modèles. Qui se souvient, au Mont-Gargan, de mme Paon, des Jarry, De Beauvais, mme Lamy? La liste est loin d’être complète.

© Copyright Dominique SAMSON - Septembre 2004

   
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